dimanche 28 août 2011

#3 Avec LED, il te faudra cohabiter.

LED, depuis une semaine et des brouettes, c'est un peu mon Abbé Pierre à moi, ma Sœur Emmanuelle, ma planche de salut face à l'adversité, car oui, sans elle, je serai encore à la rue. (sortez les mouchoirs) Ainsi, grâce à son immense générosité, nous voilà à vivre tous les deux jusqu'à mercredi dans son 10 m2, mes valises enfoncées dans le coin de la pièce.


Et en une semaine, il s'en est passé des choses : LED m'a converti  aux légumes (pour l'instant je résiste aux carottes, mais à midi on a mangé du poireau), même si je m'octroie des plaisirs simples comme une tranche de jambon par-ci par-là, voire même un granola quand elle a le dos tourné. LED elle m'a bien fait rire aussi, comme quand elle décide d'imiter en pleine soirée la pétasse des Inconnus (une réminiscence de Vaness' sans doute) ou avec des petites phrases anodines prononcées à des moments incongrus -"ça me saoule de boire", "dans ma vie, il y a le pain et les pommes" ou encore "Mais pourquoi je suis une autiiiste ??????"- les joies de la colocation forcée, paraît-il.

Homme assis (jouant de la clarinette) / les amoureux (après la pluie)
Hier, pour fêter mon expulsion de chez elle, nous avons été au Musée d'Art Moderne de Paris. Bien naïfs que nous sommes, nous nous attendions à trouver du contemporain, mais que nenni, le mouvement moderne s'est en fait révélé être un mouvement artistique proche du surréalisme dans les années 1920. Tout un programme donc. En une heure trente, on a été servis en terme d'horreurs et d'énigmes artistiques. Du mobilier dit moderne d'un mauvais goût certain, aux  œuvres dont le sens n'était pas toujours évident -une succession de gribouillis, que LED aurait aussi reproduit "quand elle avait 4 ans" (sic.)- en passant par la salle Boltansky, salle souterraine composée d'étagères où s'entassent des vêtements d'enfants, de photos en noir et blanc des enfants qui ont porté ces vêtements et d'une série de bibliothèques, remplies d'annuaires du monde entier. Après en avoir fini avec notre immersion dans le monde de l'art, nous avons fini la soirée à déguster un vrai fromage de chèvre de l'affineur du coin sur le pain chaud de chez Manon.

Une pokéball s'est glissée dans ce tableau. A toi de la retrouver !

Aujourd'hui, rien de bien extraordinaire, une lessive commune et une ballade dans le quartier, pour découvrir un jardin caché où on pourra venir jogger. LED en a d'ailleurs profiter pour dévoiler son côté royal à la populace parisienne.

 LED, plus royale dans la montée des marches que dans une machine à laver.


AP arrive mardi, la troupe sera enfin au complet.

samedi 27 août 2011

#2 Un appartement, tu devras trouver. [Suite & Presque Fin]

Aujourd'hui est un jour à marquer d'une pierre blanche. Ma quête de la perle rare en matière de studette parisienne a pris fin.

Retour sur les évènements marquants de cette journée.
Ce matin, levé à 8h15 pour la visite d'un studio, un peu éloigné de mon stage, mais qu'importe, sur les conseils de LED, je passe "en mode requin". Après une heure d'attente, et une file interminable de chercheurs de perle rare -une famille au complet, une maman stressée et son fils métalleux, un chinois qui nous a dis bonjour en faisant une courbette, et un couple d'étudiants de Sciences Po, tout juste rentrés de mobilité, entre autres- j'ai enfin pu visiter.
Le propriétaire, un londonien du troisième âge, fort sympathique, possède un studio non moins sympathique, grand, lumineux et avec une cuisine et une salle de bain séparés pour seulement 560 euros par mois. Après présentation de mon dossier, il m'a précisé qu'il m’appellerai demain dans la journée pour me donner son verdict.

Une fois chez LED, je me relance à la recherche de visites potentielles. Surprise, une nouvelle annonce est postée le matin. Un message vocal enregistré et nous partons faire nos courses, en s'arrêtant prendre un petit-déjeuner au Starbucks du coin. En chemin, LED a trouvé le playmobil de ses rêves (en-avant-les-histoires) et une propriétaire d'un studio contacté la veille m'a appelé. Par malheur, le réseau de la Grande Récrée ne lui a pas laissé le temps de me donner l'adresse et, m'appellant en numéro privé, je n'ai pas pu la recontacter. 

Autre rebondissement, alors que nous dégustions notre petit-déjeuner, le propriétaire du studio contacté le matin, me rappelle et me propose un rendez-vous à 15h15 au studio qui se révèle être à seulement 10 minutes à pied de chez LED. Cette dernière par ailleurs, le sent bien celui là. Et pour une fois, elle avait raison.

15h00. Nous voilà, tous les deux trempés par la pluie qui a décidé de s'abattre en chemin, dans le hall d'un immeuble bourgeois immense. Quelques minutes après, la propriétaire vient nous chercher. Très aimable et avenante, nous montons les six étages à pied pour arriver à ce qui se révèle être un charmant studio : clair et ensoleillé, des rangements partout et un agencement digne du magasine Ikéa [modèle GUTTEFLÜG]. En plus, fait rare, j'ai des vrais WC,  fermés à clé, que je ne partage qu'avec un autre studio, le luxe donc. Mais, le plus charmant dans ce studio, reste le prix, à savoir, la modique somme, introuvable à Paris, de 457 euros tout inclus. Les propriétaires, ont l'air de vouloir plier l'affaire au plus vite et sur les conseils de LED, je confirme mon intérêt et je signe le chèque de caution.

Emménagement prévu mercredi. Je vis sur un nuage.

LAB&LED sur les toits de Paris.


vendredi 26 août 2011

#1 Un appartement, tu devras trouver.

Mise en contexte
L'épreuve a l'air simple et à la portée de tout le monde, mais évidemment, quelques embûches se sont rapidement mises en travers de mon chemin, pourtant tout droit tracé vers la mobilité de mes rêves.

Premier problème, ne pas faire d'attaque cardiaque en voyant le loyer. Car oui, à Paris, 10 mètres carrés et WC sur pallier c'est 600 euros que "ça me plaise... ou non." Une fois, la couleuvre avalée, il faut se mettre en chasse, et pour pimenter un peu la traque, je décide de ne pas passer par une agence immobilière (oui, 1500 euros de frais à aligner CASH, à moins de vendre un rein, c'était pas vraiment possible) et de cibler mes recherches à moins de 40 minutes de mon stage en métro.



Étape 1 : décrocher un rendez-vous pour une visite.

Vous vous dîtes certainement comme moi, qu'une personne normalement constituée, souhaitant louer son bien immobilier, se tient prête, une fois son annonce postée, à décrocher son téléphone et établir une liste de rendez-vous. Mais non, le propriétaire parisien, ayant bien compris que nous sommes des centaines à chercher le studio idéal, et au plus bas prix possible, décroche quand l'envie lui prend.

Moralité : comptez environ 10 réponses pour 25 propriétaires appelés.



Étape 2 : visiter l'appartement.

Visiter un studio à Paris, c'est un exercice digne du Cours Florent, une époustouflante prestation qui m'aurait plus d'une fois, valu le Prix d'Interprétation à Cannes (oui, au moins ça). En effet, lorsque tu entres dans une pièce où une fois assis sur le lit -une place forcément-, tu peux : ouvrir le frigo, te laver les mains, ouvrir la porte et la fenêtre ou encore toucher les deux murs opposés en tendant les bras; Et assurer au propriétaire que tu es "on ne peut plus intéressé !" et que son studio est "très charmant et très cosy ", tout en affichant un sourire colgate, ça relève de l'exploit.


Ainsi depuis une semaine de recherches actives, j'ai pu rencontrer, une working girl manucurée, à l'accent anglais, un chinois en galère qui veut travailler dans le luxe, un couple gay dans un studio super bien décoré (probablement inspiré par "les Queers, 5 experts dans le vent.") ou encore un couple bourgeois-catho en polo Lacoste et foulard Burberry dont les cinq enfants sont scouts et à Madrid pour les JMJ.

Moralité : pour l'instant, je n'ai pas trouvé la perle rare.



Ainsi donc à ce jour, toujours rien, et la LED doit encore me supporter. Une semaine que ça dure. J'espère qu'elle ne va pas craquer !

La suite au prochain épisode.


PS : j'ai quand même eu peu de temps pour faire le touriste.


Pont Bir-Hakeim
à 5 minutes de chez LED